Les Psaumes

Cent cinquante poèmes, cinq livres, un seul destinataire. Ce site est une édition de lecture : un psaume entier par page, et une carte pour s'orienter.

Les Psaumes sont le livre de prières de la Bible : 150 poèmes de louange, de deuil, de confiance et de protestation, faits pour être chantés et priés plutôt que parcourus. Ce site les lit un par un — le Psaume 1 à l'entrée, puis ceux vers lesquels on revient le plus : 23, 46, 91, 121, et le psaume du soir, le 4.

La structure du recueil : cinq livres

Le psautier n'est pas un vrac : la tradition hébraïque le divise en cinq livres (1–41, 42–72, 73–89, 90–106, 107–150), chacun clos par une formule de bénédiction, et le dernier s'achevant en crescendo de louange. Cinq livres comme les cinq livres de la Loi — l'arrangement lui-même est un commentaire : ce que Dieu a dit à son peuple dans la Torah, le peuple le redit à Dieu dans les Psaumes.

À l'intérieur de ces livres, les genres se croisent : hymnes de louange, plaintes individuelles et collectives — c'est le genre le plus nombreux, ce qui surprend toujours —, psaumes de confiance, d'action de grâce, psaumes royaux, psaumes de sagesse, chants de pèlerinage. Savoir cela épargne un malentendu fréquent : le recueil n'exige pas une humeur; il en accueille toutes.

La table de lecture

Chaque page ci-dessous donne un psaume en entier, dans la version Louis Segond 1910, avec la Segond 21 et la Bible du Semeur en regard, et une courte orientation de lecture.

  1. 1 Psaume 1 — la porte du psautier
    Le psaume que le recueil place en tête, comme préface à tous les autres.
  2. 27 Psaume 27 — le psaume de la confiance
    Lumière, forteresse, attente : la confiance qui tient dans l'incertitude.
  3. 51 Psaume 51 — le psaume pénitentiel
    Le Miserere : la faute avouée sans excuse, et la miséricorde demandée sans détour.
  4. 121 Psaume 121 — le psaume des montées
    Le chant du pèlerin et du voyageur : huit versets sur la garde qui ne dort pas.
  5. 139 Psaume 139 — le psaume du Dieu qui connaît
    Être connu entièrement, et le supporter : le plus intime des cent cinquante.

Deux psaumes ont leur propre site, plus détaillé que ce que cette table pourrait leur offrir :

Psaume 91 — le psaume de la protection, traité verset par verset sur son propre site francophone; c'est vers lui que vont les lecteurs saisis par la peur.
Psaume 23 — le psaume du berger, avec son usage aux enterrements et dans le deuil; le compagnon naturel du 91 dans la lecture courante.

Pourquoi le recueil s'ouvre sur une carte

Cent cinquante psaumes, cela fait une porte d'entrée intimidante; c'est pourquoi le recueil s'ouvre sur une carte plutôt que sur un cantique. Matthew Henry lisait le Psaume 1 comme le résumé de tout le territoire — le caractère et la condition, si différents, des hommes pieux et des méchants, exposés en peu de mots, afin que nous prenions le bon chemin, celui qui mène au bonheur. Tout ce que fera la suite du livre — supplier, accuser, remercier, se souvenir, célébrer — se passe quelque part sur cette carte. Henry remarque aussi ce que le Psautier ne fait pas : il ne définit jamais le bonheur dans l'abstrait. Quand le psalmiste entreprend de décrire un homme heureux, il décrit un homme bon; et, ajoute Henry, il nous importe davantage de connaître le chemin du bonheur que de savoir en quoi ce bonheur consistera. Voilà le ton du livre : pratique, sans sentimentalisme, adressé à des gens au milieu de quelque chose.

Petit cabinet de questions

Qu'est-ce que le livre des Psaumes ?

Le Psautier est le recueil de chants et de prières de la Bible — 150 pièces, dont beaucoup sont de David, rassemblées en un seul volume bien après leur composition. Ce qui les unit n'est pas un sujet, mais une direction : tout y est adressé à Dieu, les plaintes comprises. Matthew Henry tenait l'ordre du recueil pour un enseignement en soi et lisait le premier psaume comme une préface placée à dessein avant que le chant ne commence.

Par quel psaume commencer ?

Par le premier, si vous acceptez un psaume qui vous examine avant de vous consoler. Henry voyait le psaume d'ouverture partager l'humanité en deux — ce partage des enfants des hommes entre saints et pécheurs — et jugeait ce partage plus durable que tous les autres, survivant à toutes les autres divisions et subdivisions des hommes en grands et petits, riches et pauvres, esclaves et libres. Ensuite, chacun va où son besoin l'envoie : le 23 pour le deuil, le 91 pour la peur, le 121 pour le voyage, le 46 pour la crise, le 4 pour une nuit sans sommeil.

Qui a écrit les psaumes ?

Beaucoup portent le nom de David, et le recueil est appelé le sien; d'autres viennent des chantres du temple ou de mains plus tardives, et certains sont anonymes. Henry tenait la composition du livre pour un travail d'édition postérieur — il avançait le nom d'Esdras — et lisait le résultat comme un volume ordonné, non comme un tas. Pour un lecteur, cela compte moins qu'il n'y paraît : ces poèmes ont survécu parce que des assemblées ont continué de s'en servir.

Les psaumes sont-ils faits pour être chantés ou pour être lus ?

Les deux, et Henry tenait le chant pour le cas normal. Il termine chaque section de son commentaire par ce qu'il faut faire du texte en chantant ces versets et en priant sur eux — pour lui, un psaume n'est pas achevé quand il a été compris. Il attend aussi que ce chant soit mutuel : nous devons nous enseigner et nous avertir nous-mêmes, et les uns les autres. Un psaume chanté par une assemblée, c'est un enseignement qui se trouve avoir une mélodie.

Que veut dire méditer un psaume jour et nuit ?

Non pas le marmonner sans arrêt, mais y penser avec attention : avec une application serrée de l'esprit, une fixité de la pensée, jusqu'à ce que ce qui est dit vous atteigne vraiment. Henry élargit ensuite le cadre — ces pensées doivent être entrelacées aux affaires et aux conversations de chaque jour, et au repos et au sommeil de chaque nuit. Jour et nuit décrit une étendue, non un quota d'heures. Il ajoute le ressort humain : ce que nous aimons, nous aimons y penser.

Les psaumes promettent-ils la réussite ?

Pas au sens où on vend d'ordinaire ce mot. Henry glosait la prospérité du premier psaume comme une prospérité de l'âme, et gardait à l'image de l'arbre son calendrier : les arbres portent leur fruit (celui qu'on attend d'eux) en sa saison, quand il est le plus beau et le plus utile. Le fruit est saisonnier, ce qui veut dire tardif au moins aussi souvent que précoce. Les psaumes promettent une vie qui aboutit, non une vie qui se déroule sans heurts.

Comment savoir si je les lis bien ?

Henry propose une épreuve faite de questions : nous pouvons juger de notre état spirituel en nous demandant, écrit-il, ce qu'est pour nous la loi de Dieu ? quel cas en faisons-nous ? quelle place tient-elle en nous ? Ce qu'il attend n'est pas un sentiment, mais un équipement : plus nous fréquentons la parole de Dieu, mieux nous sommes pourvus pour toute bonne parole et toute bonne œuvre. Si la lecture opère, la preuve s'en trouve en dehors de la lecture.